Les animaux racontent-ils des histoires ? Peut-être, mais nous ne le savons pas. Un os parle au paléontologue. Par sa taille, sa forme, son poids, l’os lui raconte son histoire. Le chien, quelle histoire peut-il raconter au paléontologue ? Il lui aboie une histoire d’os bien sûr ! Horreur ! L’homme expert en os n’y comprend rien ! Voici la tragédie de l’animal incapable de faire comprendre son histoire à l’humain.
Il existe une exception. Certains animaux sont capables de se faire comprendre sans peine, ce sont les animaux de bandes dessinées. Les BD foisonnent d’animaux dont nous connaissons bien l’histoire, qu’ils se noment Pif, Rantanplan, Kebra, franck, Le Marsupilami, Gon, Lapinot, Le Chat du Rabbin, Edmon le cochon et bien d’autres encore. Ceci dit, pourquoi les animaux de bandes dessinées nous fascinent-ils toujours autant ?
Réponse unanime : parce qu’ils nous rappellent notre enfance. Okay. Peut-être aussi, parce que contrairement aux vrai animaux, ils n’ont pas de maître (il n’est ici question que des vrais héros de BD et non des faire-valoir tels qu’Idéfix et Milou) et ne connaissent pas cependant la condition précaire des bêtes sauvages. la liberté qu’ils prennent, entre les cases, entre les pages, pour vivre ce que ni l’auteur ni le lecteur ne peuvent prévoir ou imaginer, nous émeut. Qu’ils parlent ou qu’il leur manque la parole, ils nous parlent. ce sont eux les animaux Publics.
L’animal Public est cet animal de bande dessinée, chaînon manquant entre l’animal sauvage et l’animal privé. Il incarne une sorte de mythe originel de l’humanité, l’instant imaginaire où celle-ci sort de l’animalité, accède au langage sans pour autant renoncer à sa nature ni à sa liberté.
