Prenez une histoire avec une queue et une tête, une belle crinière et des crocs bien longs. Attachez une fleur au bout de sa queue puis enlevez la tête, videz-là de son contenu, bourrez-là de nuit, saupoudrez d’étoiles et remettez-là en place comme si de rien n’était.

Jetez la bête ainsi farcie de la tête sur le continent africain pas trop loin de l’équateur. Préparez l’accompagnement composé de guépards, impalas, gazelles, buffles, gnous, zèbres, girafes, rhinocéros etc. Présentez-les dans leur plus simple apparat.

Pendant ce temps, faites rugir l’histoire à feu vif sur un volcan en vous bouchant les oreilles. Avant la fin du rugissement, ajoutez, tamanoirs, guêpes maçones, kangouroux, gorilles, oiseaux, machines de BTP, fourmis noires, fourmis rouges et têtes de pioche, que vous aurez préalablement mixés ensembles jusqu’à obtention d’une patte informe.

Si vous êtes encore vivant, faites un petit cratère au milieu et versez-y le ventre d’un gros lac plein de grasses grenouilles et de crapuleux crapauds. En prenant garde de ne pas vous blesser, bardez de ferrailles épaisses et coupantes.

Recouvrez de boue. Asseyez-vous.

Laissez prendre une nuit sous les rayons de pleine lune.

C’est prêt à déguster. Laissez-vous servir la première de ses fourmillantes destinées par Mandix, l’infime jardinier*.

*Le chapitre 1 de la bande dessinée « Copa Savana » est servi sur la langue de l’animal public numéro 1 alors que le chapitre 2, en pleine croissance, plantera ses griffes dans l’échine de l’animal public n°2.